Vers une nouvelle crise économique mondiale ?

Publié initialement sur Linkedin 

S’étonner de l’hypothèse d’une nouvelle crise économique majeure mondiale, en février 2016, semble être une plaisanterie de mauvais goût. Pourtant, nombre de  décideurs publics semblent à peine prendre la mesure de cette éventualité.

Les éléments d’alerte sont  pourtant présents depuis des mois : croissance très faible (ou nulle, pour la France, et dans plusieurs Etats européens), effondrement du « moteur chinois » qui tirait l’économie mondiale, consommation des ménages très faible voire en recul, épargne retirée voire consommée pour compenser des baisses de revenus (chômage, par exemple).

A cela s’ajoute que les dettes publiques des Etats freinent leurs dépenses. Ces mêmes dépenses qui « sauvaient » artificiellement et temporairement les entreprises qui bénéficiaient des marchés publics.

Le « moteur chinois » a, par exemple, durant des années, injecté artificiellement dans son économie les fruits de ses exportations massives : s’est constituée une bulle immobilière. L’Etat chinois a ainsi stimulé son tissu entrepreneurial dans ce secteur en créant une offre immense (et artificielle) : dans tout le pays, on a construit avec cet argent de vastes ensembles immobiliers, laissés ensuite à l’abandon car inoccupés. Ils ne correspondaient pas à des besoins réels et n’ont donc pas trouvés d’acquéreurs.

Les entreprises qui bénéficiaient de ces contrats se sont enrichies, ont embauché, et ont dépensé cet argent dans les économies locales (achats de matériaux, etc). Mais cette aubaine ne pouvait pas durer et la baisse des sommes injectées pour maintenir en vie ce système artificiel a conduit à son explosion progressive : la bulle immobilière chinoise se fissure, et éclate peu à peu.

Ce système a beaucoup fragilisé l’économie chinoise. Il est toutefois largement pratiqué dans les économies occidentales : il s’agit de la relance par la dépense. Or, comme nous venons de le voir avec l’exemple chinois, cette « relance » est artificielle puisqu’elle ne fonctionne qu’aussi longtemps que l’on injecte de l’argent pour la maintenir.

A l’heure de la maîtrise des budgets publics, et de l’augmentation exponentielle des dettes souveraines, il serait bon d’assainir nos systèmes économiques en abandonnant la relance par la dépense au profit d’une libéralisation de l’offre : il faut donner plus de liberté aux entrepreneurs en réduisant les charges qui pèsent sur eux et faire en sorte de ne plus créer de bulles, qui sont toujours économiquement toxiques et qui freinent l’investissement dans l’économie réelle et la création  d’emplois pérennes.

L’économie est composée d’êtres vivants, et fonctionne comme un être vivant: ralentir certains de ses secteurs, en en stimulant d’autres artificiellement, reviendrait à comprimer certains vaisseaux sanguins chez une personne et à s’étonner que le patient finisse par en mourir.

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