le Brexit, une chance pour la zone euro ?

Publié initialement sur Linkedin

L’Europe est sous la crainte du Brexit, c’est-à-dire la sortie de l’Union du Royaume-Uni. Cette possibilité de retrait est un argument fort pour le premier Ministre qui espère ainsi obtenir des avantages pour son pays. Si cette attitude est cohérente pour les britanniques, elle est toutefois un vrai problème pour les Européens.

Il y a dans cette manœuvre l’affirmation d’une identité nationale dont les intérêts priment sur les intérêts européens : pour le Premier Ministre, les avantages et exigences de son pays doivent passer avant ceux des autres. Cette attitude est la négation parfaite des principes de l’Union européenne et de la solidarité qui les accompagnent. Elle illustre aussi parfaitement une des raisons de l’échec européen : les dirigeants apprécient les avantages de l’Union mais en cas de différents ils souhaitent retourner derrière leurs frontières. Une nouvelle fois, la disparition physique des barrières physiques et douanières ne s’est pas accompagnée de la disparition « intellectuelle » de ces frontières.

Pourtant, David Cameron a l’avantage de mettre en avant une nécessité pas encore prévue par l’Union : la possibilité pour un Etat de la quitter.

Les Anglais, toutefois, ont un statut particulier puisqu’ils n’utilisent pas l’Euro en tant que monnaie. Il est donc difficile pour M. Cameron de donner des leçons à l’Union puisqu’il n’en fait pas totalement partie.

Toutefois, cette nouvelle menace au Brexit peut être considérée comme une chance car elle appelle les dirigeants européens à repenser le modèle de l’Europe politique et économique. Si elle est un regroupement volontaire de pays libres, il convient de le rappeler et d’accélérer sa construction en autorisant la sortie de ceux qui veulent la quitter ; si elle n’est qu’une structure technocratique, il convient de l’assumer.

A l’heure où les déficits publics s’envolent et où couve une nouvelle crise des dettes souveraines, l’Union aurait intérêt à se concentrer sur les réalités économiques et non sur des manœuvres politiciennes. La crédibilité de cette structure, ignorée ou détestée par les populations, sortirait renforcée d’une ligne claire et pragmatique dans le désendettement des pays et la réduction de leurs dépenses. Ce serait un moyen concret de justifier de son existence auprès des citoyens et un excellent levier de croissance pour la zone euro.

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