La crise agricole française

Publié initialement sur Linkedin

Dans l’ensemble des pays libres, l’agriculture est « globalisée » c’est-à-dire soumise au marché : l’offre et la demande s’adaptent à l’échelle mondiale. Ainsi, une offre trop importante (surproduction) aura pour effet la baisse des cours. Quand la demande est supérieure à ce qui est produit, les prix grimpent. Et, à nouveau, l’offre va augmenter, et les prix baisser. Ainsi, producteurs et consommateurs s’entendent sans, pour autant, se connaître directement.

En France, l’agriculture intensive est un secteur coupé des réalités de l’économie de marché car elle est planifiée par la PAC*. C’est elle qui oriente les modes et les types de production. Et attribue des subventions en fonction de ses choix. Le marché ne peut donc fonctionner correctement car il est encadré, et orienté. Or, le monde ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe : cette protection, si elle a des avantages pour les acteurs des filières concernées, est toutefois une solution de court terme qui prive nos agriculteurs d’une vraie ouverture sur le monde. Coupés de la concurrence car « protégés » derrière le bouclier de la PAC ils étouffent peu à peu. Si cette politique européenne a des avantages indéniables (garantie des prix, encouragements financiers, soutiens à l’investissement) elle porte aussi de lourdes conséquences : prix bas, difficulté à évoluer.

A ces considérations structurelles s’ajoutent aussi un point important : la recherche croissante, par les consommateurs français et européenns, de produits de qualité. L’agriculture intensive, sur ce marché, ne peut se positionner car ses produits ne correspondent pas aux attentes des clients. Pourtant, ce marché est en pleine expansion et les produits extra-européens peinent à s’y positionner. Les agriculteurs européens auraient donc grand intérêt à modifier leurs modes de production et à favoriser les circuits à haute qualité ajoutée, qui leur fourniraient aussi des revenus plus élevés, et une meilleure maîtrise de l’écoulement de leur production.

*Politique Agricole Commune (via l’Union Européenne)

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